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Il n’est point tant de barques à Venise,
D’huîtres à Bourg, de lièvres en Champagne,
D'ours en Savoie, et de veaux en Bretagne,
De cygnes blancs le long de la Tamise ;
Ni tant d’amours se traitant en l’église,
De différends aux peuples d’Allemagne,
Ni tant de gloire à un seigneur d’Espagne,
Ni tant se trouve à la cour de feintise ;
Ni tant y a de monstres en l’Afrique,
D’opinions en une République,
Ni de pardons à Rome un jour de fête ;
Ni d’avarice aux hommes de pratique,
Ni d’arguments en une Sorbonnique,
Que ma mie a de lunes en la tête.
- Version originale (non modernisée) :
Il n'est point tant de barques à Venize,
D'huystres à Bourg, de festuz en Champagne,
De differentz aux peuples d'Allemagne,
De cygnes blancz au long de la Tamise ;
Ne tant d'amours se traictent en l'eglise,
Ne tant de veaux se treuvent en Bretagne,
Ne tant de gloire en un signor d'Espagne,
Ny en la Court tant y a de faintise ;
N'en ces Anglois a tant de cornardise,
Ne de pardons à Rome un jour de feste,
Ny d'usuriers en toute Lombardie ;
Ny de travaulx à vaincre femme honneste,
Ne dans Auvergne animaulx d'Arcadie,
Que vous avez de lunes en la teste.