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Comparaison du phénix

Amadis Jamyn · None · La Pléiade · 16e siècle
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Comme le seul Phénix au terme de son âge Amasse les rameaux du bois mieux odorant En forêt de Sabee, afin qu’en se mourant Pour le moins d’un beau feu se brule son plumage. Ainsi je fais amas, voyant votre visage, De cent douces beauté que mon cœur va tirant : Puis j’en allume un feu doucement martyrant Qui me donne la vie en mon propre dommage. La flamme du Phénix vient du flambeau des cieux, Et la mienne s’embrase au soleil de vos yeux, Où je commets larcin comme fit Prométhée : Aussi j’en suis puni d’un mal continuel ; Car Amour qui se change en un Vautour cruel Me déchire toujours d’une main indomptée.
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