«
J’entreprends hardiment de te rendre éternelle,
Targuant de mes écrits ton nom contre la Mort,
Mais en t’éternisant je ne travaille fort ;
Ta perfection n’est en aucun point mortelle,
Rien n’est mortel en toi, ta chasteté est telle
Que le temps envieux ne lui peut faire tort.
Tes dons, trésors du Ciel, ton nom exempt du port
Et du fleuve d’oubli ont la vie immortelle.
Même ce livre heureux vivra infiniment
Pour ce que l’infini sera son argument.
Or je rends grâce aux Dieux de ce que j’ai servie
Toute perfection de grâce et de beauté,
Mais je me plains à eux que ta sévérité,
Comme sont tes vertus, aussi est infinie.