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La mort a tout mon bien et mon espoir éteint,
La mort tient mort ce corps que mort encore j’aime !
La mort a fait enfin que je me hais moi-même,
Et si la mort a fait que mon cœur ne la craint.
Depuis le triste jour que le visage saint
Entra sans retourner dans le royaume blême,
Mes yeux toujours trempés en amertume extrême
Ont pleuré et gémi d’un pleur triste et non feint.
Aussi c’est mon espoir, que si la mort trop fière
Ne veut finir mes jours, de faire une rivière
De larmes et de pleurs, afin de me noyer !
Le fleuve coulera dessous la terre sombre,
Et le cygnes viendront mon esprit convoyer
Jusques aux champs heureux où demeure son ombre.