«
J'entends, je vois partout l'ami que j'ai perdu:
Il erre tristement à l'ombre de ces hêtres;
Son nom m'est répété par les échos champêtres,
Et nourrit la douleur dans mon cœur éperdu.
Lorsque l'heureux berger, sur sa flûte légère,
Annonce le retour de Flore et du printemps,
Il me rappelle, hélas! qu'une voix bien plus chère
Se plut à célébrer les doux loisirs des champs!
Des Muses autrefois il emprunta la lyre
Pour chanter la nature et ses douces faveurs;
Il aimait les plaisirs que goûtent les pasteurs
Et ce calme enchanteur que la retraite inspire...
Mais je soupire en vain d'inutiles regrets!
En vain de tendres pleurs inondent ma paupière!
Et la mort insensible à ma triste prière
Aux vœux de l'amitié ne le rendra jamais.