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Plainte sur la mort de Sylvie

Marc-Antoine Girard de Saint-Amant · None · Baroque · 17e siècle
«
Ruisseau qui cours après toi-même, Et qui te fuis toi-même aussi, Arrête un peu ton onde ici Pour écouter mon deuil extrême ; Puis, quand tu l'auras su, va-t'en dire à la mer Qu'elle n'a rien de plus amer. Raconte-lui comme Sylvie, Qui seule gouverne mon sort, A reçu le coup de la mort Au plus bel âge de la vie, Et que cet accident triomphe en même jour De toutes les forces d'Amour. Las ! je n'en puis dire autre chose, Mes soupirs tranchent mon discours. Adieu, ruisseau, reprends ton cours Qui, non plus que moi, se repose ; Que si, par mes regrets, j'ai bien pu t'arrêter, Voici des pleurs pour te hâter.
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Me voyant plus frisé qu’un gros comte allemand 1629