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Voici les lieux charmants où mon âme ravie
Passait à contempler Silvie
Les tranquilles moments si doucement perdus.
Que je l'aimais alors ! Que je la trouvais belle !
Mon cœur, vous soupirez au nom de l'Infidèle :
Avez-vous oublié que vous ne l'aimez plus ?
C'est ici que souvent, errant dans les prairies,
Ma main, des fleurs les plus chéries
Lui faisait des présents si tendrement reçus.
Que je l'aimais alors ! Que je la trouvais belle !
Mon cœur, vous soupirez au nom de l'infidèle :
Avez-vous oublié que vous ne l'aimez plus ?
Notes
Date: Rédigé en 1671, ayant pu apparaître dans des recueils collectifs ou des éditions intermédiaires de ses Œuvres Diverses (à partir de 1674), c'est dans l'édition de 1701 (la dernière supervisée par Boileau lui-même) qu'il est durablement intégré au canon de ses écrits.
On trouve également ce poème sous le titre "Air" lorsqu'il est mis en musique.