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Parmi les doux transports d’une amitié fidèle,
Je voyais près d’Iris couler mes heureux jours;
Iris que j’aime encore, et que j’aimai toujours,
Brûlait des mêmes feux dont je brûlais pour elle:
Quand, par l’ordre du ciel, une fièvre cruelle
M’enleva cet objet de mes tendres amours;
Et, de tous mes plaisirs interrompant le cours,
Me laissa de regrets une suite éternelle.
Ah! qu’un si rude coup étonna mes esprits!
Que je versai de pleurs! que je poussai de cris!
De combien de douleurs ma douleur fut suivie!
Iris, tu fus alors moins à plaindre que moi:
Et, bien qu’un triste sort t’ait fait perdre la vie,
Hélas! en te perdant j’ai perdu plus que toi.
Notes
Le poème fait partie d'une série "Sur la mort d'Iris".
On trouve parfois ce poème sous le titre "Sonnet sur la mort d'une de mes parentes" ou "Amitié fidèle".
La plupart des sites de poésie française donnent "j'aimerai" au lieu de "j'aimai" au vers 3, ce qui est une erreur.