«
Jeune homme aux cheveux noirs, à la mine hautaine,
Pourquoi de ton plein gré, dans les bras de la mort,
Sur cet ignoble étal de boucherie humaine,
T’es-tu couché si tôt, si puissant et si fort?
Des forçats du travail as-tu rompu la chaîne ?
Artiste, es-tu tombé sous l’étreinte du sort ?
Non. — Car ton corps, alors, tordu par l’âpre haine,
Eût conservé le pli de ton suprême effort.
Or ton cadavre est souple, il sourit, tu reposes.
J’entends, sous le flot noir, — c’est un amour perdu
Que tu fus retrouver. Sur ces lèvres mi-closes
Le baiser d’une morte a mis ces lueurs roses
Et le lit nuptial qui t’est enfin rendu,
C’est la dalle où croupit le sang des ecchymoses.