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Sous les mêmes zéphirs, sous les mêmes orages,
Beaux arbres ! vous ouvrez, vous répandez vos fleurs ;
Attirés vers le ciel, vos pudiques ombrages
Voilent votre amitié sous les mêmes couleurs :
L’hiver aux longs instants, le frimas vous protège ;
Il épure vos jours par d’utiles rigueurs ;
Enveloppés tous deux sous un manteau de neige,
La sève qui vous joint se retire à vos cœurs.
Vos rameaux frémissants ne forment qu’un murmure ;
Mariés dans la terre, en vos nœuds adorés,
Vous vivez l’un par l’autre ; et sous la même armure,
Un jour si l’on vous frappe, ensemble vous mourrez !
Et moi, j’aurais voulu !... Mais toujours impossibles,
Nous jetons vers le ciel des vœux qu’il n’entend pas :
Le ciel nous a formés mobiles et sensibles,
Et le sol le plus doux n’enchaîne point nos pas !
Notes
Note: Je présente ici la ponctuation de la version parue dans "Le mémorial de la Scarpe" le 11 juin 1829. Dans cette parution, le vers 4 donne "Cachent votre amitié", mais les différents manuscrits donnent bien "Voilent votre amitié".
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Le_M%C3%A9morial_de_la_Scarpe,_4e_ann%C3%A9e,_n._070,_1829-06-11_(page_4_crop).jpg
https://societedesetudesmarcelinedesbordesvalmore.fr/oeuvrepoetique/poeme.php?id_poeme=Bertrand203