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Ô douce Poésie !
Couvre de quelques fleurs
La triste fantaisie
Qui fait couler mes pleurs.
Trompe mon âme tendre,
Que l’on blessa toujours !
Je ne veux plus attendre
Mes plaisirs des Amours.
Donne aux vers de ma lyre
Une aimable couleur,
Ta grâce à mon délire,
Ton charme à ma douleur.
Que le nuage sombre
Qui voile mes destins,
S’échappe, comme une ombre,
À tes accents divins !
Sois toujours attentive
Sur mes chants douloureux.
D’une pudeur craintive
Enveloppe mes vœux.
Cache l’erreur brûlante
Qui trouble mon bonheur…
Mais, oh ! Dieu ! qu’elle est lente
À sortir de mon cœur !