«
Non ! tu n’auras pas mon bouquet :
Traite-moi de capricieuse,
De volage, d’ambitieuse,
D’esprit léger, vain ou coquet :
Non, tu n’auras pas mon bouquet.
Comme l’incarnat du plaisir,
On dit qu’il sied à ma figure :
Veux-tu de ma simple parure
Ôter ce qui peut m’embellir,
Comme l’incarnat du plaisir ?
Je veux le garder sur mon cœur ;
Il est aussi pur que mon âme.
Un soupir, un souffle de flamme,
En pourrait ternir la fraîcheur…
Je veux le garder sur mon cœur.
Non, non ! point de bouquet pour toi.
L’éclat de la rose est trop tendre ;
Demain tu promets de la rendre.
Demain… qu’en ferais-je, dis-moi ?
Non, non ! point de bouquet pour toi.