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Il faut que le poète, épris d'ombre et d'azur...

Victor Hugo · 1856 · Romantisme · 19e siècle
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Il faut que le poëte, épris d’ombre et d’azur, Esprit doux et splendide, au rayonnement pur, Qui marche devant tous, éclairant ceux qui doutent, Chanteur mystérieux qu’en tressaillant écoutent Les femmes, les songeurs, les sages, les amants, Devienne formidable à de certains moments. Parfois, lorsqu’on se met à rêver sur son livre, Où tout berce, éblouit, calme, caresse, enivre, Où l’âme, à chaque pas, trouve à faire son miel, Où les coins les plus noirs ont des lueurs du ciel, Au milieu de cette humble et haute poésie, Dans cette paix sacrée où croît la fleur choisie, Où l’on entend couler les sources et les pleurs, Où les strophes, oiseaux peints de mille couleurs, Volent chantant l’amour, l’espérance et la joie, Il faut que, par instants, on frissonne, et qu’on voie Tout à coup, sombre, grave et terrible au passant, Un vers fauve sortir de l’ombre en rugissant ! Il faut que le poëte aux semences fécondes Soit comme ces forêts vertes, fraîches, profondes, Pleines de chants, amour du vent et du rayon, Charmantes, où soudain, l’on rencontre un lion.

Notes

Recueil: Les Contemplations. Note: Les poèmes du recueil sont tous datés, mais la plupart de ces dates sont fictives et servent plus à la légende de l'œuvre. Ici: Paris, mai 1842. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54075263/f74.item

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