← Retour aux poèmes

Paroles dans l'ombre

Victor Hugo · 1856 · Romantisme · 19e siècle
«
Elle disait : C’est vrai, j’ai tort de vouloir mieux ; Les heures sont ainsi très doucement passées ; Vous êtes là ; mes yeux ne quittent pas vos yeux Où je regarde aller et venir vos pensées. Vous voir est un bonheur ; je ne l’ai pas complet. Sans doute, c’est encor bien charmant de la sorte ! Je veille, car je sais tout ce qui vous déplaît, À ce que nul fâcheux ne vienne ouvrir la porte ; Je me fais bien petite en mon coin près de vous ; Vous êtes mon lion, je suis votre colombe ; J’entends de vos papiers le bruit paisible et doux ; Je ramasse parfois votre plume qui tombe ; Sans doute, je vous ai ; sans doute, je vous voi. La pensée est un vin dont les rêveurs sont ivres, Je le sais ; mais, pourtant, je veux qu’on songe à moi. Quand vous êtes ainsi tout un soir dans vos livres, Sans relever la tête et sans me dire un mot, Une ombre reste au fond de mon cœur qui vous aime ; Et, pour que je vous voie entièrement, il faut Me regarder un peu, de temps en temps, vous-même.

Notes

Recueil: Les Contemplations. Note: Les poèmes du recueil sont tous datés, mais la plupart de ces dates sont fictives et servent plus à la légende de l'œuvre. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54075263/f99.item

← Précédent Billet du matin Suivant → L'hirondelle au printemps...

Autres poèmes de Victor Hugo

A André Chénier 1856 A Granville, en 1836 1856 A M. Froment Meurice 1856 A Madame D. G. de G. 1856 A ma fille 1856 A propos d'Horace 1856 A un poète aveugle 1856 Billet du matin 1856 Chanson (Si vous n'avez rien à me dire) 1856 Demain, dès l'aube 1856 Eglogue 1856 Elle était déchaussée... 1856 En écoutant les oiseaux 1856 Halte en marchant 1856 Heureux l'homme, occupé de l'éternel destin... 1856 Hier au soir 1856 Il faut que le poète, épris d'ombre et d'azur... 1856 Je sais bien qu'il est d'usage... 1856 L'enfance 1856 L'hirondelle au printemps... 1856 La coccinelle 1856 La fête chez Thérèse 1856 La vie aux champs 1856 Le firmament est plein de la vaste clarté... 1856 Le poème éploré se lamente... 1856 Le poëte s’en va dans les champs... 1856 Le rouet d'Omphale 1856 Les femmes sont sur la terre... 1856 Les oiseaux 1856 Lettre 1856 Lise 1856 Mes deux filles 1856 Mes vers fuiraient, doux et frêles... 1856 Mon bras pressait ta taille frêle... 1856 Nous allions au verger... 1856 Oceano Nox 1840 Oui, je suis le rêveur... 1856 Premier mai 1856 Quelques mots à un autre 1856 Réponse à un acte d’accusation 1856 Sous les arbres 1856 Souvenir de la nuit du 4 1852 Suite 1856 Tu peux, comme il te plaît... 1856 Un jour je vis, debout au bord des flots... 1856 Unité 1856 Vere novo 1856 Vers 1820 1856 Vieille chanson du jeune temps 1856 Viens ! une flûte invisible... 1856