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Sous les arbres

Victor Hugo · 1856 · Romantisme · 19e siècle
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Ils marchaient à côté l’un de l’autre ; des danses Troublaient le bois joyeux ; ils marchaient, s’arrêtaient, Parlaient, s’interrompaient, et, pendant les silences, Leurs bouches se taisant, leurs âmes chuchotaient. Ils songeaient ; ces deux cœurs, que le mystère écoute, Sur la création au sourire innocent Penchés, et s’y versant dans l’ombre goutte à goutte, Disaient à chaque fleur quelque chose en passant. Elle sait tous les noms des fleurs qu’en sa corbeille Mai nous rapporte avec la joie et les beaux jours ; Elle les lui nommait comme eût fait une abeille, Puis elle reprenait : — Parlons de nos amours. Je suis en haut, je suis en bas, lui disait-elle, Et je veille sur vous, d’en bas comme d’en haut. — Il demandait comment chaque plante s’appelle, Se faisant expliquer le printemps mot à mot. Ô champs ! il savourait ces fleurs et cette femme. Ô bois ! ô prés ! nature où tout s’absorbe en un, Le parfum de la fleur est votre petite âme, Et l’âme de la femme est votre grand parfum ! La nuit tombait ; au tronc d’un chêne, noir pilastre, Il s’adossait pensif ; elle disait : — Voyez Ma prière toujours dans vos cieux comme un astre, Et mon amour toujours comme un chien à tes pieds.

Notes

Recueil: Les Contemplations. Note: Les poèmes du recueil sont tous datés, mais la plupart de ces dates sont fictives et servent plus à la légende de l'œuvre. Ici: Juin 1839. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54075263/f101.item

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