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La vaine promesse

Nicolas Germain Léonard · 1775 · Préromantisme · 18e siècle
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Le midi prodiguait ses brûlantes ardeurs, Et Thestile dormait sous un épais feuillage, Quand tout à coup sur son visage Il sent tomber un nuage de fleurs. Il s’éveille surpris, aperçoit son Amante, Veut courir dans ses bras, et se trouve enchaîné ; Plus l’obstacle irritait son âme impatiente, Et plus son embarras faisait rire Daphné. Tu triomphes, dit-il, attends, attends, méchante, Du nœud qui me retient je vais me dégager, Et par mille baisers je saurai me venger. Oui ! dit en souriant la maligne Bergère ; Eh bien ! je ne te délirai Qu’après que tu m’auras juré De ne point m’embrasser pendant une heure entière, Thestile y consentit. Daphné disait tout bas : C’est un serment frivole et qu’il ne tiendra pas. Mais elle a beau, pour le séduire, Tourner sur lui, d’abord, un regard languissant, Ses yeux, pour cette fois, ont perdu leur empire. Elle a beau l’appeler, et, d’un air agaçant, Lui serrer la main, lui sourire : Ce nouveau charme est impuissant. Berger, dit-elle enfin, je crois l’heure passée : Non, dit Thestile, à peine est-elle commencée. Elle attendit encor ; mais au bout d’un moment, L’heure est passée assurément, Dit-elle avec dépit, et comme un peu lassée : Oh ! cela ne se peut, répondit le Berger. Eh bien ! donc, puisqu’il faut que je sois embrassée, Ne tarde plus à te venger : Je te rends ta promesse et te permets de prendre Tant de baisers que tu voudras… La Bergère, à ces mots, se penche dans ses bras, Lui jette un doux regard, lui sourit d’un air tendre, Thestile ému balance un peu ; Puis cédant au désir dont l’ardeur le tourmente, Il applique à sa bouche une bouche de feu, Et par mille baisers, satisfait son attente.

Notes

Recueil: Idylles et poèmes champêtres. https://books.google.fr/books?id=Sfw5AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false Ici la version de 1782 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1087911/f9.item.texteImage

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