← Retour aux poèmes

Crépuscule

Victor Hugo · 1856 · Romantisme · 19e siècle
«
L’étang mystérieux, suaire aux blanches moires, Frissonne ; au fond du bois la clairière apparaît ; Les arbres sont profonds et les branches sont noires ; Avez-vous vu Vénus à travers la forêt ? Avez-vous vu Vénus au sommet des collines ? Vous qui passez dans l’ombre, êtes-vous des amants ? Les sentiers bruns sont pleins de blanches mousselines ; L’herbe s’éveille et parle aux sépulcres dormants. Que dit-il, le brin d’herbe ? et que répond la tombe ? Aimez, vous qui vivez ! on a froid sous les ifs. Lèvre, cherche la bouche ! aimez-vous ! la nuit tombe ; Soyez heureux pendant que nous sommes pensifs. Dieu veut qu’on ait aimé. Vivez ! faites envie, Ô couples qui passez sous le vert coudrier. Tout ce que dans la tombe, en sortant de la vie, On emporta d’amour, on l’emploie à prier. Les mortes d’aujourd’hui furent jadis les belles. Le ver luisant dans l’ombre erre avec son flambeau. Le vent fait tressaillir, au milieu des javelles, Le brin d’herbe, et Dieu fait tressaillir le tombeau. La forme d’un toit noir dessine une chaumière ; On entend dans les prés le pas lourd du faucheur ; L’étoile aux cieux, ainsi qu’une fleur de lumière, Ouvre et fait rayonner sa splendide fraîcheur. Aimez-vous ! c’est le mois où les fraises sont mûres. L’ange du soir rêveur qui flotte dans les vents, Mêle, en les emportant sur ses ailes obscures, Les prières des morts aux baisers des vivants.

Notes

Recueil: Les Contemplations. Note: Les poèmes du recueil sont tous datés, mais la plupart de ces dates sont fictives et servent plus à la légende de l'œuvre. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54075263/f119.item

← Précédent Je respire où tu palpites... Suivant → La nichée sous le portail

Autres poèmes de Victor Hugo

? 1856 A André Chénier 1856 A Granville, en 1836 1856 A M. Froment Meurice 1856 A Madame D. G. de G. 1856 A la mère de l'enfant mort 1856 A ma fille 1856 A propos d'Horace 1856 A un poète aveugle 1856 Aimons toujours!... 1856 Amour 1856 Après l'hiver 1856 Billet du matin 1856 Chanson (Si vous n'avez rien à me dire) 1856 Demain, dès l'aube 1856 Ecrit au bas d’un crucifix 1856 Ecrit sur un exemplaire de la Divina Commedia 1856 Eglogue 1856 Elle était déchaussée... 1856 En écoutant les oiseaux 1856 Epitaphe 1856 Explication 1856 Halte en marchant 1856 Heureux l'homme, occupé de l'éternel destin... 1856 Hier au soir 1856 Il fait froid 1856 Il faut que le poète, épris d'ombre et d'azur... 1856 Il lui disait : Vois-tu... 1856 Je lisais. Que lisais-je? 1856 Je respire où tu palpites... 1856 Je sais bien qu'il est d'usage... 1856 Jeune fille, la grâce emplit tes dix-sept ans... 1856 L'enfance 1856 L'hirondelle au printemps... 1856 La chouette 1856 La coccinelle 1856 La fête chez Thérèse 1856 La nichée sous le portail 1856 La source 1856 La statue 1856 La vie aux champs 1856 Le firmament est plein de la vaste clarté... 1856 Le maître d'études 1856 Le poème éploré se lamente... 1856 Le poëte s’en va dans les champs... 1856 Le rouet d'Omphale 1856 Les femmes sont sur la terre... 1856 Les oiseaux 1856 Lettre 1856 Lise 1856 Mes deux filles 1856 Mes vers fuiraient, doux et frêles... 1856 Mon bras pressait ta taille frêle... 1856 Mélancholia 1856 N'envions rien 1856 Nous allions au verger... 1856 Oceano Nox 1840 Oui, je suis le rêveur... 1856 Paroles dans l'ombre 1856 Premier mai 1856 Que le sort, quel qu'il soit... 1856 Quelques mots à un autre 1856 Quia pulvis es 1856 Réponse à un acte d’accusation 1856 Saturne 1856 Sous les arbres 1856 Souvenir de la nuit du 4 1852 Suite 1856 Tu peux, comme il te plaît... 1856 Un jour je vis, debout au bord des flots... 1856 Un soir que je regardais le ciel 1856 Unité 1856 Vere novo 1856 Vers 1820 1856 Vieille chanson du jeune temps 1856 Viens ! une flûte invisible... 1856