«
Au mois d'avril, la terre est rose,
Comme la jeunesse et l'amour ;
Pucelle encore, à peine elle ose
Payer le Printemps de retour.
Au mois de juin, déjà plus pâle
Et le cœur de désir troublé,
Avec l'Eté tout brun de hâle
Elle se cache dans le blé.
Au mois d'août, bacchante enivrée,
Elle offre à l'Automne son sein,
Et roulant sur la peau tigrée,
Fait jaillir le sang du raisin.
En décembre, petite vieille,
Par les frimas poudrée à blanc,
Dans ses rêves elle réveille
L'Hiver auprès d'elle ronflant.
Notes
Recueil: Émaux et Camées. Première publication dans la Revue de Paris, le 1er janvier 1854.
Note: La ponctuation de ce poème correspond à celle de l'édition définitive de 1872 (revue en 1981).
Une variante de 1858 propose le mot "désirs" au pluriel au vers 6.