«
Plaintive tourterelle,
Qui roucoules toujours,
Veux-tu prêter ton aile
Pour servir mes amours !
Comme toi, pauvre amante,
Bien loin de mon ramier
Je pleure et me lamente
Sans pouvoir l'oublier.
Vole, et que ton pied rose
Sur l'arbre ou sur la tour
Jamais ne se repose,
Car je languis d'amour ;
Evite, ô ma colombe,
La halte des palmiers
Et tous les toits où tombe
La neige des ramiers.
Va droit sur sa fenêtre,
Près du palais du roi,
Donne-lui cette lettre
Et deux baisers pour moi.
Puis sur mon sein en flamme,
Qui ne peut s'apaiser,
Reviens, avec son âme,
Reviens te reposer.
Notes
Recueil: Émaux et Camées.
Première publication en mai 1840 sous le titre La Colombe messagère.
Note: La ponctuation de ce poème correspond à celle de l'édition définitive de 1872 (revue en 1981).
Variante: Le manuscrit comporte une strophe inédite de 8 vers.
Aussi, les vers 1 et 4 de la 5ème strophe en 1840: Va droit à sa fenêtre / Et deux baisers de moi.