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Après le feuilleton

Théophile Gautier · 1861 · Parnasse · 19e siècle
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Mes colonnes sont alignées Au portique du feuilleton ; Elles supportent résignées Du journal le pesant fronton. Jusqu'à lundi je suis mon maître. Au diable chefs-d’œuvre mort-nés ! Pour huit jours je puis me permettre De vous fermer la porte au nez. Les ficelles des mélodrames N'ont plus le droit de se glisser Parmi les fils soyeux des trames Que mon caprice aime à tisser. Voix de l'âme et de la nature, J'écouterai vos purs sanglots, Sans que les couplets de facture M'étourdissent de leurs grelots. Et portant, dans mon verre à côtes, La santé du temps disparu, Avec mes vieux rêves pour hôtes Je boirai le vin de mon cru : Le vin de ma propre pensée, Vierge de toute autre liqueur, Et que, par la vie écrasée, Répand la grappe de mon cœur !

Notes

Recueil: Émaux et Camées. Première publication dans la Revue nationale et étrangère le 10 décembre 1861. Note: La ponctuation de ce poème correspond à celle de l'édition définitive de 1872 (revue en 1981). Variante: 3ème strophe, vers 3: Parmi le fil soyeux des trames.

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