«
Tu m’as fait ce cadeau d’un baiser magnifique,
De ta bouche arrondie aux lèvres de safran
Sur mon cœur éprouvé, seul et mélancolique,
Hier au restaurant.
Ce baiser dérobé, cette offrande discrète,
Tandis que tu mangeais à quelques pas de moi,
Involontaire, froid, sans un signe de tête,
Aurait pu rester là,
Mais il m’est parvenu, je l’ai trouvé par chance
Au détour d’un regard vers ta chaise quittée;
Il m’attendait, patient – Voyons, quelle imprudence!
J’aurais pu le manquer!
Malgré ce doux présent, tu m’es restée farouche…
La faute à ton amant? à la timidité?
Qu’importe j’ai gardé la trace de ta bouche
Sur ce mouchoir jeté.