«
J’ai planté dans mon sein, quand nous étions amis,
De nos moments de joie quelques graines germées;
Des arbres ont poussé et forment désormais
Un lieu où, seul, sans toi, je songe et je m’enfuis.
Existe-t-elle un peu cette forêt fictive?
Dis-moi qu’elle a poussé dans tes rêves une nuit!
Que le matin suivant fut maussade et sans bruit
Et que parfois le jour tu demeures pensive.
Dis-moi qu’en des jardins où tu berces tes peines,
En ces moments perdus où tu es loin de moi,
Tu penses à nos sourires et pleures quelquefois
L’amitié disparue qui te parait lointaine.