«
Ah cœur! Douce torture de t’avoir brisé!
Qu’il est terrible au fond de voir un sortilège
Se jouer du sorcier, désormais pris au piège
Par l’objet du désir premièrement visé!
L’origine du mal que je traîne en mon sein
Est ce fruit défendu, qui causa là ma perte
Tandis que je l’offris sous des regards inertes,
Sans saisir en retour l’âme de mon dessein.
Je posai dans sa main, rouge comme une pomme,
Ce cœur gorgé d’Amour que je gardais caché
Croyant gagner le sien qu’elle aurait relâché;
Elle saisit le fruit, primaire cœur de l’homme;
Mais en échange rien ne sut être donné
Et lorsqu’elle croqua je fus empoisonné.