«
Chères petites créatures,
Mes bras vous sont des bras amis ;
Vous êtes des races futures
Les gracieux et purs semis.
Pauvres enfants, ô gentils diables,
Vous ne connaissez rien du mal,
Si n’est le bris des jeux aimables
Dont vous faites un hôpital.
JANVIER est pour vous le Génie
Dont la cheminée est le ciel…
Et votre innocence le prie
Pour qu’il vous fasse un doux réveil.
Quand vous perdez cette croyance,
De là déjà date un malheur ;
C’est le tombeau d’une espérance,
Première tâche du Bonheur…
Vous souriez à votre mère
Comme une étoile dans le nuit…
Pourquoi cette chaste lumière
Doit-elle après briller au bruit ?
Pourquoi dépassez-vous un mètre
Quand votre cœur est de six pieds ?
Pourquoi le temps est-il un maître
Qui vous courbe sous les regrets ?
Oui, des regrets amers… que Celle
Qui vous donna vie et amour,
Hélas ! voit grandir ; – car son aile
Vous sent fuir un peu chaque jour…
Bientôt vous marchez dans le Monde,
Ce serpent qui forme un chemin ;
Priez alors… l’orage gronde…
Oh ! que Dieu vous prenne en sa main !