«
Dormir !... de ce repos de douce somnolence
Qui nous baise le cœur ;
Qui fait revoir les feux de notre adolescence,
À la rose vapeur.
Dormir ! de ce sommeil qui rêve, qui transporte
Vers les Illusions ;
À la croyance en tout… à l’amour qui nous porte
Aux bénédictions.
Des ailes embaumées nous apportent l’extase
Aux mille et un contours,
Enveloppés d’azur recouvert d’une gaze
Aux diaphanes jours.
Ici, c’est une image et gracieuse et blanche
Qui nous effleure un peu…
Et qui, nous touchant plus, sur notre bouche épanche
Un sourire de Dieu !...
Mais, là, c’est un tombeau, qui, d’un silence sombre,
Passe à l’état vivant ;
Car soudain il s’entrouvre… et, de son marbre, un ombre
Se lève en nous parlant…
Ombre chère ou maudite, elle semble nous dire
Les mystères d’en-haut ;
Si nous avons raison de pleurer ou de rire
Ou trop tard ou trop tôt.
Cette ombre nous réveille, hélas !... alors, arrive
La fin de notre air pur ;
Nous sommes attristés… nous heurtons à la rive
De ce port si peu sûr,
La Vie !... – Et chacun veut sa part de ce fantôme
Qui brille pour les uns ;
Qui, pour les autres, noir, et se ruant sur l’homme
Lui prend tous ses parfums.
. . .
Oh ! oui, Sommeil est bon, surtout quand il fait naître
Désir en notre cœur,
Ce roi de l’Infini, le véritable maître
Du plaisir, du bonheur.