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Aux derniers soupirs de l'Année
Mêlons le nôtre mûrement :
Répétons-nous dans la Journée
— Dieu nous regarde également.
Aimons la feuille qui voltige
Pour la leçon qu'elle nous fait —
Que rien n'est stable sur sa tige —
Que c'est du Ciel le vrai bienfait.
Aimons l'amour qui nous fait vivre...
Qui vit sans lui, sinon la Mort ?
Et s'il s'éteint, il va revivre
En un amour cent fois plus fort.
Cet amour monte, monte, monte...
Au Prorata de la Douleur...
Avouons-le, c'est une honte,
Car, il devrait luire au Bonheur.
Mais enfin, l'Homme est toujours l'Homme
Maudissant, ne bénissant pas ;
Et méritant bien qu'on le nomme
Être en l’air, avec Coeur en bas!
Aimons bien le Pauvre en lui-même,
Car, c'est Dieu qui nous l'a donné
Comme un très humble diadème
Mis — pour qu'il nous soit pardonné.
Aimons enfin de notre vie
La fin, cet autre point du Jour ;
Mais avant, que tout Être prie
Pour Ceux qu'il laisse avec amour ! —
Aux derniers soupirs de l'Année
Mêlons le nôtre mûrement :
Et répétons-nous la Journée
— Dieu nous regarde ÉGALEMENT.