«
Le jour montre sa perle, et le Soleil la dore.
Levons-nous, levons-nous.
Laissons-là notre chambre, et admirons l'Aurore
Ce beau regard pour Tous !
Courons voir, en plein air, ce spectacle superbe
Des feuilles et des fleurs ;
Ces petits médaillons en eau d'argent sur l'herbe
Fondant comme les Cœurs.
Allons respirer l'âme en joie et caressante
De la nature en Dieu ;
Dieu qui fait son essor, et qu'elle représente
Sur son trône à Ciel bleu.
Hélas I on sent si peu qu'un Être sur la Terre
Soit digne d'un beau jour,
Qu'on va se répétant qu'il faut un bien bon père
Pour donner cet amour.
Tout revient et repart pour revenir de même
Redire ses échos :
Quelque large que soit un front à diadème,
Il lui faut du repos. —
Écoutez ces chanteurs ailés qui réjouissent...
Becquetant le Chagrin ;
Ils nous rêvent un nid que bientôt ils bâtissent
De baume, brin à brin.
Leurs mots disent surtout: «Hommes, veuillez nous croire,
« Or, réputation,
« Tout, excepté du ciel, la volonté, la gloire,
« N'est écrit qu'au crayon ! »
N'oublions pas pourtant, qu'il reste l'amour tendre
L'amour de dévouement,
Dont l'essence se mêle à notre pauvre cendre
Et en fait un ciment ;
Ciment contre la voix terrible d'injustices
Des hommes et du sort ;
Qui se glissant partout, ferme les interstices
Pour retarder la Mort.
Croyons donc aussi là, et remercions Celle
Qui des bras et du cœur,
Aidant à tout pour nous, crève du bout de l'aile
Les gros yeux de la Peur.