← Retour aux poèmes

Au grand Victor

Xavier Forneret · 1847 · Romantisme · 19e siècle
«
J'essaie en quelques mots de m'exprimer beaucoup, Je taille bien ou mal, — mais c'est tout d'un seul coup. Permets donc, s'il te plaît, ô géant de la plume, De forger quelques vers sur ma modeste enclume, En l'honneur de ton nom et du cadre doré Mille fois noble et grand dont il est entouré I Moi, je suis bien petit dans mon nid de Province, Mais je me sens heureux, peut-être plus qu'un prince. Moi, grand homme, je sais te sentir, t'admirer, Celui que tu fais rire, oh ! oui, donne à pleurer ; Car son âme est absente à la tienne plaintive Ardente et vigoureuse, et parfois si naïve ! Depuis plus de vingt ans, des bavards illettrés, Que dis-je, des bavards?... des vautours illustrés, Avec l'Envie au bec cruel, honteux et lâche, Ont bavé sur ton front, sans y laisser de tache ; Prétextant que les vers de nos vieux écrivains Tu les écrasais net de superbes dédains ; Que tu ne parlais pas le français de la France, Qu'enfin, ton art était à l'art pur, une offense! Le Génie a lutté, sans cesse il luttera ; C'est son lot, sa puissance... et toujours il l'aura. L'Académie, au corps qu'on dit si formidable, A, de reste, prouvé qu'il était abordable Pour toi dont On riait, souvent ne t'ayant lu, Serin comme un oiseau qui se prend à la glu. Aujourd'hui tu leur sers de bon dictionnaire Toi qu'ils ont accusé de croquer la Grammaire ; Fiers de te posséder dans leur sein infini Quoique tu sois l'auteur de ce drame — Hernani Qu'on te reprocha tant, et qui n'est à la scène Qu'une étoile de plus à ce ciel qui t'entraîne ! Tu peux te reposer, et compter maintenant Ces écrivains extraits par toi de leur néant : Ceux qui t'ont déchiré par le plus de furie Imitent à l'envi ta première folie, Te grimpant sur le dos pour y mieux voir de loin Leurs noms qu'ils font crier en tout coin et recoin ; Car leurs œuvres (c'est sûr) tu dois dire : « les NÔTRES ! » À VICTOR sa grandeur et la grandeur des Autres. 1847

Notes

Recueil: Lignes rimées.

← Précédent Pour me consoler Suivant → Octobre

Autres poèmes de Xavier Forneret

21 janvier 1853 31 décembre 1853 A Béranger 1860 A Madame et sœur de …. 1853 A l'Empereur des Français 1860 A l'amour 1853 A la femme 1853 A la mort d’une jeune fille 1853 A la vieillesse 1860 A l’Empereur mort 1853 A propos du socialisme 1853 A sa majesté Napoléon III 1856 A un génie égaré 1860 A un jeune homme 1838 Ah ! ne vous plaignez pas, pauvres âmes brisées 1853 Ami, n’approche pas 1853 Au grand poète Victor Hugo 1860 Au portrait de quelqu’un mort 1860 Aux enfants 1860 Dieu, la Terre et l'Homme 1856 Dormir est bon 1860 Elle 1838 En voyant une collection de papillons 1853 Episode des obsèques-Sébastiani 1853 Epitaphe 1853 L'automne est venu 1853 L'avenir 1860 L'infanticide 1860 L'innocent-coupable 1860 L'âge 1853 L'église de village 1860 La barque au retour 1860 La fleur des champs 1853 La tombe 1853 La voix des cloches 1860 Le 1er novembre 1853 Le ciel est bleu 1853 Le coupable-innocent 1860 Le petit garçon 1860 Le repos 1860 Le silence 1860 Le souvenir 1860 Les prisons ouvertes 1838 Octobre 1853 Passé, présent, futur 1856 Pensée triste 1853 Pensée un matin 1853 Post-scriptum 1853 Pour les oiseaux 1853 Pour me consoler 1853 Pour un bouquet 1853 Quarante à seize 1860 Réponse 1860 Soupir 1853 Un crime d'enfer 1860 Un mot sur une horreur 1860 Vapeur II - Baiser d'amour 1838 Vapeur III 1838 Vapeur IV - Rayon de soleil 1838 Vapeur IX - Amitié 1838 Vapeur VI - Roi et pauvre 1838 Vapeur VII - Elle 1838 Vapeur VIII - Orage 1838 Vapeur X - Elle 1838 Vapeur XI - Jeux de mère et d'enfant 1838 Vapeur XII 1838 Vapeur XIII - Un pauvre honteux 1838 Vapeur XIV - Bouffée 1838 Vapeur XIX - La fille du banc 1838 Vapeur XV - Victor Hugo 1838 Vapeur XVI - Une heureuse d'autrefois 1838 Vapeur XVII - Un en deux 1838 Vapeur XVIII - Père-Mère-Enfant 1838 Vapeur XX - Elle 1838 Vapeur première 1838