«
On te parle, on s’écrie… et tu ne réponds pas…
Tu navres de tristesse !
Marbre froid de la Tombe, – image du Trépas,
Tu tortures sans cesse…
Fuis plutôt les regards… disparais, disparais,
Reste d’homme ou de femme…
Alors le désespoir, les larmes, les regrets,
Glaceront moins notre âme !...
- - -
Vérité.
Un jour, l’Amour disait en riant, à l’Estime :
Pauvre vieille au grand front, je me moque de toi !
Elle lui répondit : – Ta profondeur intime,
Sache-le, petit fou, ne peut vivre sans moi.
- - -
Est-ce vrai ?...
Jalousie ! ô serpent, toi qui t’ébats horrible,
Qui mords un cœur épris… étouffe donc ce cœur !
Car, la mort sans l’Amour serait bien moins terrible…
Et cesser de souffrir, n’est-ce pas le bonheur ?
Mais au lieu de cela, tu dis : – Qu’il vive ! – et serres
Dans des replis d’espoir qui viennent dominer…
Tu veux qu’il te combatte, et toujours tu t’enferres
Dans un ardent réseau que tu sais raffiner.
- - -
À l’orgueil.
Ver qui ronge le Cœur, ô pensée emphatique,
Sécheresse d’esprit, toi qu’on nomme l’ORGUEIL,
Toi qui détruis l’élan et noble et sympathique,
De tout sentiment doux, tu te fais le cercueil !...
- - -
L’espérance dans la tristesse.
Quand l’âme du printemps ne touche plus notre âme
De doux tressaillements,
C’est que nous n’aimons plus ; c’est que s’éteint la flamme
De nos vifs battements.
Où donc tout retrouver ?... Cette brûlante vie ?
Et ce souffle de miel ?...
Cette sensation palpitante et ravie ?...
Dans le ciel, dans le ciel !
- - -
Enfant et Mère.
– On n’existe donc plus quand on vous mène en terre ?
Disait naïvement un jeune ange au teint frais :
– On existe bien mieux, lui répondit sa mère,
Car, on va près de Dieu, qui ne finit jamais.
- - -
À l’herbe qui répond.
Pourquoi viens-tu si bien sur la tombe muette,
Avec ton vert d’Espoir ?
Quand cette affreuse tombe, à des pleurs, ne rejette
Qu’un sombre désespoir ?
C’est que par ma couleur je calme la souffrance…
Consoler, c’est verdir ;
C’est que je prie autour d’un éternel silence…
Et prier, c’est grandir !
- - -
Question et Réflexion.
Tu chantes, Rossignol… tes amours vont donc bien ?
Peut-être, n’est-ce pas ? Car souvent le Cœur saigne
Quand il nous faut chanter ! – C’est le Chagrin qui daigne
Nous faire plus souffrir en nous serrant la main.