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Au portrait de quelqu’un mort

Xavier Forneret · 1860 · Romantisme · 19e siècle
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On te parle, on s’écrie… et tu ne réponds pas… Tu navres de tristesse ! Marbre froid de la Tombe, – image du Trépas, Tu tortures sans cesse… Fuis plutôt les regards… disparais, disparais, Reste d’homme ou de femme… Alors le désespoir, les larmes, les regrets, Glaceront moins notre âme !... - - - Vérité. Un jour, l’Amour disait en riant, à l’Estime : Pauvre vieille au grand front, je me moque de toi ! Elle lui répondit : – Ta profondeur intime, Sache-le, petit fou, ne peut vivre sans moi. - - - Est-ce vrai ?... Jalousie ! ô serpent, toi qui t’ébats horrible, Qui mords un cœur épris… étouffe donc ce cœur ! Car, la mort sans l’Amour serait bien moins terrible… Et cesser de souffrir, n’est-ce pas le bonheur ? Mais au lieu de cela, tu dis : – Qu’il vive ! – et serres Dans des replis d’espoir qui viennent dominer… Tu veux qu’il te combatte, et toujours tu t’enferres Dans un ardent réseau que tu sais raffiner. - - - À l’orgueil. Ver qui ronge le Cœur, ô pensée emphatique, Sécheresse d’esprit, toi qu’on nomme l’ORGUEIL, Toi qui détruis l’élan et noble et sympathique, De tout sentiment doux, tu te fais le cercueil !... - - - L’espérance dans la tristesse. Quand l’âme du printemps ne touche plus notre âme De doux tressaillements, C’est que nous n’aimons plus ; c’est que s’éteint la flamme De nos vifs battements. Où donc tout retrouver ?... Cette brûlante vie ? Et ce souffle de miel ?... Cette sensation palpitante et ravie ?... Dans le ciel, dans le ciel ! - - - Enfant et Mère. – On n’existe donc plus quand on vous mène en terre ? Disait naïvement un jeune ange au teint frais : – On existe bien mieux, lui répondit sa mère, Car, on va près de Dieu, qui ne finit jamais. - - - À l’herbe qui répond. Pourquoi viens-tu si bien sur la tombe muette, Avec ton vert d’Espoir ? Quand cette affreuse tombe, à des pleurs, ne rejette Qu’un sombre désespoir ? C’est que par ma couleur je calme la souffrance… Consoler, c’est verdir ; C’est que je prie autour d’un éternel silence… Et prier, c’est grandir ! - - - Question et Réflexion. Tu chantes, Rossignol… tes amours vont donc bien ? Peut-être, n’est-ce pas ? Car souvent le Cœur saigne Quand il nous faut chanter ! – C’est le Chagrin qui daigne Nous faire plus souffrir en nous serrant la main.

Notes

Recueil: Ombres de poésie.

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