«
Pauvre petit oiseau, toi qu'on ose tuer
En renversant aussi les fleurs que tu caresses ;
Il vaudrait mieux aimer te voir t'évertuer...
Car c'est pour tes enfants, pour eux, que tu te presses.
Ce nid que tu leur fais avec un si grand soin,
Que tu leur rends si doux de plumes ou de mousse,
Que tu places si bien en un si joli coin, —
Celui qui va l'ôter, c'est Satan qui le pousse.
Arrêter tes amours, attrister tes ébats,
Te déranger du lit où couche ta couvée,
Et pour te découvrir, avoir du loup les pas,
Oh ! c'est, assurément, une indigne corvée ! —
Voyez-le se baigner dans le miroir de l'Eau
En s'amusant, du bec, à couper un brin d'herbe...
Admirez et laissez ce cher petit oiseau
Attendant mouches, vers, de l'air d'un grand superbe.
Écoutez-le chanter sa joie à son réveil.
Quand son amante en peine, à l'exemple des femmes
Dont le cœur est formé d'une goutte de Ciel,
Couvre de son ardeur le souffle de ses âmes.
Lorsqu'un orage éclate, et qu'un vent furieux
Aide à la foudre sainte, à la flamme terrible...
Les oiseaux n'ont que plus d'un tendre amour aux yeux,
Le monde, c'est l'Enfer, — leur pureté, — la Bible.
L'un d’eux porte bonheur en nichant aux maisons,
Je veux, vous le savez, parler de l'Hirondelle ;
En ne la touchant pas, si nous la respectons,
Nous sommes garantis par sa gracieuse aile, —
Enfants, vous qui courez à la chasse des nids,
Vous qui grimpez sur l'arbre, ou cherchez sur la terre,
Enfants, ayez pitié de ces pauvres petits —
Et pour cela pensez à votre bonne mère!...