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Pour l’Enfant, l’Avenir est une grande route,
Unie en commençant, parfois rude à la fin ;
Au milieu quelques fleurs, brillant parmi le doute,
(La soie et le duvet où se glisse le crin.)
Pourtant on veut plonger en cette glace immense,
Si facile à briser, malgré son épaisseur ;
Qu’importe son abîme ?… On regarde, on s’avance
Pour tâcher d’y puiser ce qu’on nomme Bonheur.
La Fiancée, aux yeux qu’aucun trouble ne change,
Dit sa prière et croit… Chère femme du Ciel !
Eh bien ! oui, que ton rêve ait la douceur de l’ange…
Qu’il aille te bercer jusque dans ton sommeil.
Réjouis ta pensée à ces douleurs de mère,
Les souffrances donnant le jour à ton enfant,
Et dont la plus poignante est celle moins amère,
Lorsqu’elle amène après, ces mots : – Il est vivant !
Mais, sais-tu l’avenir ?... Dans un instant peut-être,
Tu n’auras plus en toi que regrets superflus…
Car tu te débattras en vain contre le traître.
L’enfant de ton amour ne palpitera plus !...
L’ambitieux sourit à ses écus qu’il compte,
Il est tout haletant au son du vil métal,
Et n’imaginant pas pour demain un mécompte,
Excepté pour lui seul, il désire le mal.
Le Sage estime fort sa conscience nette,
Il se drape, il se pose ainsi qu’un grand vainqueur…,
Que l’Occasion frappe un coup de sa baguette,
N’apercevra-t-on pas un tache en son cœur ?
De même un conquérant, sous le feu de la Gloire,
Se flatter de tenir le monde dans sa main…
Mais tout à coup, il voit le dos de la Victoire,
Et redevient alors aussi petit qu’un nain.
L’AVENIR, mot fait d’air, que chacun ose dire,
(À l’aide de l’Espoir) qui, répété, soutient…
Il ne faut jamais trop lui voter un sourire…
L’Avenir n’est qu’un mort, qui, s’étendant, revient.