«
Femmes du Ciel, nos saintes sœurs,
N'est-ce pas qu'il faut dire...?
« N'aime jamais avec délire !
« Un cœur donné, repris... Plutôt mille fois meurs !!! »
Ami, vois-tu sur la montagne
Ce rocher noir, cet arbre en deuil?...
Fuis!... et que le frisson te gagne...
C'est un cercueil, c'est un cercueil !
N'y vas jamais, pas même en rêve,
Tu serais pris par de doux pas ;
Une femme est là qui se lève...
N'approche pas, n'approche pas !
Femmes du Ciel, etc.
Elle te dirait : « Prends mon âme ;
« Elle est pure ainsi qu'une fleur... »
Tu la croirais... et toute flamme
Viendrait étoiler ton bonheur.
Que ce bonheur serait rapide
Après!... — Écoute bien, hélas !
Son âme remplie est un vide...
N'approche pas, n'approche pas!!!
Femmes du Ciel, etc.
Tu lirais dans sa tombe ouverte
Tous ses nombreux secrets d'amour...
Et tu verrais sa vie offerte
Pour une veille ou pour un jour...
Tu voudrais fuir... — C'est impossible,
Tu tomberais avec fracas !...
L'aimer et souffrir — c'est horrible...
Mais c'est toujours !... N'approche pas !!!
Femmes du Ciel, nos saintes sœurs,
N'est-ce pas qu'il faut dire...?
« N'aime jamais avec délire !
Un cœur donné, repris... Plutôt mille fois meurs !!! »