«
Pour des sonnets en fasse qui les aime ;
Chacun son goût, mais ce n'est pas le mien.
Un bon, dit-on, vaut seul un long poème ;
Heureux qui peut en amener à bien.
Mon vers, hélas ! a l'humeur vagabonde ;
Ne lui parlez d'entraves seulement.
Un peu de rime, encor Dieu sait comment !
S'il peut souffrir, c'est tout le bout du monde.
Ruisseau furtif, je le laisse courir
Parmi les prés, le livrant à sa pente ;
Il saute, il fuit, il gazouille, il serpente,
Chemin faisant il voit ses bords fleurir.
Qu'un voyageur parfois s'y désaltère,
Et d'un merci le salue en partant,
Ou ses attraits qu'une jeune bergère
Vienne y mirer, c'est un ruisseau content.