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Sur le départ, vous voilà donc, mes belles ;
Courage, allons, prenez des airs aisés.
On le voit bien, dans ces robes nouvelles
Vos doux attraits sont tout dépaysés.
Vous regrettez la largeur de vos voiles.
Habits semés de perles et d'étoiles
A ce point-là vous tiendraient-ils au cœur ?
De leurs longs plis j'ai retranché l'ampleur,
Taillé, rogné selon qu'il m'accommode.
Changeant de ciel on change aussi de mode ;
Là robe longue, et plus loin jupons courts.
Simplicité plaît où je vous envoie.
Les frais appas plus que les beaux atours
Y mèneraient la bande des amours.
Ces fripons-là se donnent au cœur joie
Lorsqu'un peu leste ils ont trouvé beauté.
Le vif, le net, et quelque nouveauté
En ce pays sont toutes friandises.
La robe simple où j'ai vos grâces mises
N'y nuit de rien. Il se pourrait qu'à gré
L'on eût aussi votre innocent sourire.
Hélas ! chez nous Muses ont tant pleuré
Qu'on en est las ; on voudrait un peu rire.
Que votre rire ait donc tour gracieux,
Même coquet, je n'en défends l'usage.
D'un doux regard que votre gai langage
Soit appuyé, cela vous sied au mieux
Chez les Français, experts en badinage,
Mais aux bons vers préférant les beaux yeux.