«
Les Parques ont le teint plus gai que mon visage ;
Je crois que les damnés sont plus heureux que moi ;
Aussi le vieux tyran qui leur donne la loi
Des peines que je sens n’a jamais eu l’usage.
Les jours les plus sereins pour moi sont pleins d’orage ;
Les objets les plus beaux pour moi sont pleins d’effroi,
Et du plus doux accueil que me fasse le roi,
Mon esprit insensé croit souffrir un outrage.
Ton injuste mépris m’a fait cette douleur.
Depuis, incessamment je rêve à mon malheur,
Et rien plus que la mort ne me peut faire envie :
Voyez, si mon malheur s’obstine à me punir.
Je pense que la mort refuse de venir,
Pource qu’elle n’est point si triste que ma vie.
Notes
Note: Je présente ici la ponctuation de l'édition de 1856.
Au vers 12, l'édition de 1856 donne: "Vois donc" au lieu de "Voyez".
Lien vers l'édition de 1628: https://archive.org/details/lesoevvre00viau/page/258/mode/2up