«
Je passe mon exil parmi de tristes lieux
Où rien de plus courtois qu’un loup ne m’avoisine ;
Où des arbres puants fourmillent d’écurieux,
Où tout le revenu n’est qu’un peu de résine,
Où les maisons n’ont rien plus froid que la cuisine,
Où le plus fortuné craint de devenir vieux,
Où la stérilité fait mourir la lésine,
Où tous les éléments sont mal-voulus des cieux,
Où le soleil, contraint de plaire aux destinées,
Pour étendre mes maux allonge ses journées,
Et me fait plus durer le temps de la moitié.
Mais il peut bien changer le cours de sa lumière,
Puisque le roi, perdant sa bonté coutumière,
A détourné pour moi le cours de sa pitié.
Notes
Note : Je présente ici la ponctuation de l'édition de 1856. Dans cette édition, ce poème a pour titre : "Sonnet sur le même sujet, fait dans les Landes de Castel-Jaloux." et suit directement le "Sonnet de Théoophile sur son exil".
Au vers 3, le terme "écurieux" signifie "écureuils".
Lien vers l'édition de 1628 :
https://archive.org/details/lesoevvre00viau/page/262/mode/2up