«
Courtisans, qui passez vos jours dans les délices
Qui n’éloignez jamais la demeure des rois,
Qui ne savez que c’est de la rigueur des lois,
Vous seuls à qui le ciel a caché ses malices.
Si vous trouvez mauvais qu’au fort de mes supplices
Les soupirs et les pleurs m’échappent quelquefois,
Parlez à ces rochers, venez dedans ces bois
Qui de mon désespoir vont être les complices.
Vous verrez que mes maux sont sans comparaison
Et que j’invoque en vain le temps et la raison
Aux tourments infinis que le destin m’ordonne.
Je sens de tous côtés mon esprit assailli.
Pourquoi veux-je espérer aussi qu’on me pardonne ?
On ne pardonne point à qui n’a point failli.
Notes
Note : Je présente ici la ponctuation de l'édition de 1856. Dans cette édition, ce poème est intitulé "Sonnet sur le même sujet" et fait suite aux sonnets sur l'exil de Théophile.
Lien vers l'édition de 1628 : https://archive.org/details/lesoevvre00viau/page/262/mode/2up