«
Quelque si doux espoir où ma raison s'appuie,
Un mal si découvert ne se saurait cacher :
J'emporte, malheureux, quelque part où je fuie,
Un trait qu'aucun secours ne me peut arracher.
Je viens dans un désert mes larmes épancher,
Où la terre languit, où le soleil s'ennuie,
Et d'un torrent de pleurs qu'on ne peut étancher
Couvre l'air de vapeurs et la terre de pluie.
Parmi ces tristes lieux traînant mes longs regrets,
Je me promène seul dans l'horreur des forêts
Où le funeste orfraie et le hibou se perchent.
Là, le seul réconfort qui peut m'entretenir,
C'est de ne craindre point que les vivants me cherchent
Où le flambeau du jour n'osa jamais venir.
Notes
Note : Je présente ici la ponctuation de l'édition de 1856. Dans cette édition, ce poème a pour titre : "Sonnet de Théophile sur son exil"
Lien vers l'édition de 1628 :
https://archive.org/details/lesoevvre00viau/page/262/mode/2up