← Retour aux poèmes

La frayeur de la mort ébranle le plus ferme

Théophile de Viau · None · Baroque · 17e siècle
«
La frayeur de la mort ébranle le plus ferme : Il est bien malaisé, Que dans le désespoir, et proche de son terme L'esprit soit apaisé. L'âme la plus robuste, et la mieux préparée Aux accidents du sort, Voyant auprès de soi sa fin toute assurée, Elle s'étonne fort. Le criminel pressé de la mortelle crainte D'un supplice douteux, Encore avec espoir endure la contrainte De ses liens honteux. Mais quand l'arrêt sanglant a résolu sa peine Et qu'il voit le bourreau, Dont l'impiteuse main lui détache une chaîne Et lui met un cordeau, Il n'a goutte de sang qui ne soit lors glacée, Son âme est dans les fers ; L'image du gibet lui monte à la pensée, Et l'effroi des Enfers. L'imagination de cet objet funeste Lui trouble la raison, Et sans qu'il ait du mal, il a pis que la peste, Et pis que le poison. Il jette malgré lui les siens dans sa détresse, Et traîne en son malheur Des gens indifférents, qu'il voit parmi la presse Pâles de sa douleur. Partout dedans la Grève il voit fendre la terre, La Seine est l'Achéron, Chaque rayon du jour est un trait de tonnerre, Et chaque homme Charon. La consolation que le prêcheur apporte Ne lui fait point de bien : Car le pauvre se croit une personne morte, Et n'écoute plus rien. Les sens sont retirés, il n'a plus son visage, Et dans ce changement Ce serait être fol de conserver l'usage D'un peu de jugement. La nature, de peine et d'horreur abattue, Quitte ce malheureux, Il meurt de mille morts, et le coup qui le tue Est le moins rigoureux.
← Précédent A Cloris - Stances Suivant → A Monsieur du Fargis

Autres poèmes de Théophile de Viau

A Cloris - Ode None A Cloris - Stances None A Mademoiselle de Rohan None A Monsieur de L… sur la mort de son père None A Monsieur de Montmorency 1619 A Monsieur de Pezé None A Monsieur du Fargis None A Monsieur le Marquis de Boquingant 1621 A Philis None A elle-même None A feu monsieur de Lozières None A monseigneur le duc de Luynes None Apollon champion None Au Roi sur son retour du Languedoc None Au moins ai-je songé que je vous ai baisée None Au prince d'Orange 1621 Au roi None Au roi, sur son exil None Au roi, étrenne None Aussi souvent qu’Amour fait penser à mon âme... None Ballet - Vénus aux reines None Ce quatrain est fort magnifique... None Cette femme a fait comme Troie... None Chère Isis, tes beautés ont troublé la nature None Chère Philis, j'ai bien peur que tu meures... None Cloris, lorsque je songe, en te voyant si belle None Cloris, pour ce petit moment None Consolation None Contre l'hiver 1619 Courtisans, qui passez vos jours... None Cruelle, à quel propos prolonges-tu ma peine None Dans ce climat barbare où le destin me range None Dans ce temple, où ma passion... None Depuis ce triste jour qu’un adieu malheureux None Depuis qu'on m'a donné licence d'espérer... None Dis-moi, Tircis, sans vanité... None Désespoirs amoureux None D’un sommeil plus tranquille à mes amours rêvant None Elégie à M de C. None Elégie à M. de M... None Elégie à une dame None Enfin guéri d’une amitié funeste... None Enfin mon amitié se lasse None Esprits qui connaissez le cours de la nature... None Grâce à ce comte libéral... None Heureux tandis qu’il est vivant 1621 J'ai trop d'honneur d'être amoureux None Je doute que ce fils prospère... None Je jure le jour qui me luit None Je n'ai repos ni nuit ni jour... None Je passe mon exil parmi de tristes lieux... None Je pensais au repos, et le céleste feu... None Je songeais que Philis des enfers revenue None J’ai fait ce que j’ai pu pour m’arracher de l’âme None La maison de Sylvie 1623 La solitude 1620 Le déguisé None Le matin 1619 Le plus aimable jour qu'ait jamais eu le monde None Les nautoniers None Les parques ont le teint plus gai que mon visage None Les princes de Chypre None Lettre de Théophile à son frère 1624 L’autre jour inspiré d’une divine flamme None L’infidélité me déplaît None Maintenant que Cloris a juré de me plaire None Maintenant que Philis est morte None Me dois-je taire encore, Amour... None Ministre du repos, sommeil père des songes None Mon espérance refleurit None Mon frère, je me porte bien None Mon frère, je me porte bien... None Mon âme est triste et ma face abattue... None Ne me fais point aimer avecque tant de peine None On n’avait point posé les fondements de Rome None Perside, je me sens heureux None Phylis, tout est foutu, je meurs de la vérole 1622 Pour Mademoiselle D.M. None Pour mgr le duc de Luynes None Pour une amante captive None Pour une amante irritée None Proche de la saison où les plus vives fleurs None Quand j’aurai ce contentement... None Quand tu me vois baiser tes bras None Que mon espoir est faible et ma raison confuse! None Quelque si doux espoir où ma raison s'appuie... None Qui que tu sois, bien grand et bien heureux... None Qui voudra pense à des empires... None Sacrés murs du Soleil où j’adorai Phyllis None Satire première None Seconde satire None Si j’étais dans un bois poursuivi d’un lion... None Si quelquefois Amour permet que je respire None Souverain qui régis l’influence des vers None Sur la paix de l'année 1620 None Sur le ballet du Roi None Sur un ballet du roi None Sur une tempête None Thisbé pour le portrait de Pyrame None Ton orgueil peut durer au plus... None Un berger prophète None Un corbeau devant moi croasse None Un fier démon qui me menace None Vers pour le ballet des Bacchanales None Vos rigueurs me pressaient d'une douleur si forte... None Vous commettez un grand abus... None Vous dont l’ame divine aspire aux choses saintes... None