«
Éloigné du céleste empire
Et du siège de la clarté,
N’attendez point que je soupire :
Car les faveurs du roi, dont je suis arrêté
Font que mon destin n’est pas pire
Et que j’ai plus d’honneur et plus de liberté.
Au ravissement qui me reste
Parmi ces agréables lieux
Je crois que la maison céleste
Ne se doit point nommer la demeure des Dieux ;
Pour moi je la juge funeste,
Et ce nouveau séjour me plaît mille fois mieux.
Ce prince a les vertus parfaites ;
Ses appas ont gagné ma foi ;
Jupiter fait bien les tempêtes,
Et, quoique les mortels tremblent dessous sa loi,
On ne célèbre point ses fêtes
Avec tant de respect qu’on sert ce jeune roi.
À voir comme quoi tout succède
À ses desseins aventureux,
Et qu’on ne sait point de remède
Pour ceux que sa colère a rendu malheureux,
Sa faveur à qui la possède
Rend le sort à son gré propice ou rigoureux.