«
Ô juge des juges l’exemple,
Chéri du peuple, aimé des Rois,
Recevez le dessein d’un temple
Qu’on bâtit au père des lois;
Mais puisqu’il faut que l’on bâtisse
Ce temple au nom de la Justice,
Vos actes de juges sont tels,
Qu’auparavant que l’on le trace,
Il faut savoir en quelle place
L’on mettra pour vous des autels.
Contre une tempête civile,
Quand le secours de votre voix
Fit venir dedans notre ville
Le Roi, les armes & les lois:
Nous devions par reconnaissance
Des effets de cette puissance,
Avec raison confesser tous,
Que depuis la mort d’Alexandre,
L’on n’a vu personne entreprendre
D’être Alexandre comme vous.
Ces vers ici que je vous porte,
Partent d’un cœur dévotieux,
Car je vous parle de la sorte
Que je voudrais parler aux Dieux:
Que si la peinture vivante
Du pinceau parlant que je vante,
Me fait un Apelles nouveau,
Permettez moi de l’entreprendre,
Vous serez le seul Alexandre
Que je réserve à mon pinceau.
Notes
Recueil: Recueil des vers de Monsieur de Marbeuf.
Titre complet: A Messire Alexandre de Faucon Chevalier, Seigneur de Ry et de Charleval, etc. Premier Président au Parlement de Normandie. Vœu de Silvandre - Sur le sujet du Temple de la Justice.
Vers la fin du poème, le terme "Apelles" (Apelle, Apeles, dans d'autres versions) désigne un peintre grec; La légende raconte que lui seul fut autorisé à faire le portrait d'Alexandre, dont il était le contemporain.