«
Adorable Ysabelle, esclave je m’avoue
De vos nœuds qui me font jaloux de ma prison,
Qui m’enchaînant les bras avecque la raison,
Me captivent si fort qu’il faut que je vous loue.
Mon Ysabelle à vous moi-même je me voue,
Mais ne me prenez pas pour prix de ma rançon,
Car vos nœuds m’ont lié d’une telle façon,
Que je ne peux aimer celui qui les dénoue.
Peut-être que quelqu’un me voyant arrêté,
Fera comparaison avec sa liberté,
Des aimables liens et des nœuds que je porte.
Que s’il est tant soit peu d’un esprit amoureux,
Cupidon (dira-il) pour être bienheureux,
Fais que je sois bientôt prisonnier de la sorte.
Notes
Recueil: Recueil des vers de Monsieur de Marbeuf.
Titre complet: Le présent, d’un nœud et d’un bracelet de cheveux, m’oblige à cette louange et à ce remerciement. Sonnet.