«
Hélène, de mon mal unique allègement,
Hélène, bel objet après lequel j’aspire,
Hélène, doux sujet pour lequel je soupire,
Hélène mon plaisir, Hélène mon tourment.
Hélène, hélas! Hélène, y pensant seulement,
Je demeure sans voix quand je veux vous le dire:
Quand ma main prend ma plume, afin de vous l’écrire,
Par trop de promptitude, elle est sans mouvement.
J’écrirai toutefois, indompté de courage,
Que pour votre sujet, adorable visage,
Tous les obstacles sont sujets de mon mépris.
Vous cacher, me bannir, c’est bien perdre sa peine,
Pourquoi ne peux-je pas être un second Paris,
Si le ciel vous fait être une seconde Hélène?
Notes
Recueil: Recueil des vers de Monsieur de Marbeuf.
Titre: "Hélène, de mon mal unique allègement" n'est que l'incipit de ce poème; son titre est "À la même". C'est le troisième de plusieurs sonnets pour Hélène, dont la série s'intitule ainsi: "En mil six cent dix-neuf, lorsque le grand conseil était à Orléans, une jeune Damoiselle de Paris gagna mes premières affections, et me fit perdre mes dernières études. Mais malgré tous les obstacles, l’amour me persuada qu’étant le maître des dieux je ne devais craindre la résistance des hommes. - Sonnets."