«
Anne, vous avez fait que l’amour est vainqueur
D’une place que j’ai si longtemps défendue:
Anne je suis vaincu, j’avais la glace au cœur;
Mais je trouve en vos yeux un feu qui la fondue.
Insensible à l’amour j’avais un cœur de fer,
Mais je trouve en vos yeux un aimant qui l’attire:
Beaux yeux qui me brûlez, gardez de l’échauffer,
Car je jure par vous qu’il n’est plus que de cire.
Ô bouche dont je prends pour arrêt les discours,
Que j’aime à te baiser: car je vois que tu n’oses
Avecque ta douceur condamner les amours
Que mon jeune printemps porte à tes belles roses.
Si tu les condamnais, je ne voudrais sinon
Qu’appeler au secours le nom de ma belle Anne:
Anne, dirais-je alors, pensez à votre nom,
Qui me fait espérer la douceur de la manne: