«
Quiconque vient ici, qu’il regarde la Seine
S’enfler impérieuse en son débordement,
Et qu’il s’étonne, alors qu’il connaîtra comment
Une ruisseau de Bourgogne un si grand fleuve attraine.
Pour moi, je suis ravi de voir une fontaine
Qui coule sur Parnasse, accroître tellement,
Que ce que l’on en boit fait sourdre en un moment
Une mer de discours d’une petite veine.
Ces vers que je répands, sont les gouttes fécondes
Que mon livre a reçu de ses divines ondes,
Peut-être qu’un ruisseau si petit vous déplaît.
Mais puisque vos grandeurs m’en prêtent la matière,
Si vous voulez bientôt qu’il grossisse en rivière,
Ô grand Roi, dites-lui que sa source vous plaît.