«
Le jour que m’apportait le ciel de ta présence,
Se va donc éclipser par un départ si prompt,
Qu’il dérobe à mes yeux les astres de ton front
Par l’envieuse nuit d’une fâcheuse absence.
Tu pars et je demeure, et pour ma récompense
Tu me laisses un mal qui n’a point de second,
Qui met la langue aux yeux, qui d’un torrent fécond
Font un fleuve de pleurs d’un fleuve d’éloquence.
Ma belle c’en est fait, tu changes de séjour:
Mais changeant de pays, ne change point l’amour
Que tu m’as dit porter au serviteur d’Hélène.
Si le Loire a souffert nos brasiers amoureux,
Cruelle, voudrais-tu pour éteindre leurs feux,
Aller prendre de l’eau dans le fleuve de Seine?
Notes
Recueil: Recueil des vers de Monsieur de Marbeuf.
Titre: "Le retour d'Hélène à Paris" est le deuxième de plusieurs sonnets sur le même sujet. Cette série s'intitule ainsi: "En mil six cent dix-neuf, lorsque le grand conseil était à Orléans, une jeune Damoiselle de Paris gagna mes premières affections, et me fit perdre mes dernières études. Mais malgré tous les obstacles, l’amour me persuada qu’étant le maître des dieux je ne devais craindre la résistance des hommes. - Sonnets."