«
Parfois l’on se met en danger
À ne pas garder le silence,
Car si l’amour est joie immense
Lorsque les vœux sont échangés,
Il arrive que notre objet
Garde son cœur en méfiance
Et rejette avec défiance
Tous nos sentiments, étrangers.
Mes amis, qui parfois songez
À cet acte de délivrance
Qu’est de tout dire avec vaillance,
Je me dois de vous présager,
Et si vous sentez démanger
Les aveux de votre romance,
Repensez, comme moi je pense,
Au mal que vous vous infligez.
Souvent gardez-vous de plonger,
Faites preuve de tempérance,
Soupesez, sur votre balance,
La valeur que vous adjugez
À l’amie que vous dérangez
De vos nouvelles appétences,
Et soyez de quelque clémence
À taire vos joies imagées.