«
C’est à mon bras si frêle qu’elle s’est tenue,
C’est à sa peau écrue que j’ai voué ma vie;
Mon cœur se brise hélas! chaque jour un peu plus
Et tout ne fait qu’empirer lorsque vient la nuit.
Rongeant mes pensées de ses actes impulsifs,
Elle fixe des yeux les pulsions, les tortures,
Et je suis le cobaye tenu pour captif
Dans ses griffes si douces, sous sa peau si dure.
Elle va sans entendre mes crises nocturnes,
Mes rêves sont ornés d’images perturbantes;
Je la sais chaque nuit, noire ou de pleine lune,
Dans des bras que j’exècre offrant des mains brûlantes.
Et au matin je vois son visage angélique
Se pencher sur ma bouche avec les yeux cernés,
Son corps glacé poser ses doigts anorexiques
Sur mes pores ouverts à son parfum passé.
Alors qu’elle sommeille en moi au petit jour,
Elle est calme, sereine et sa splendeur explose;
Moi je la dévisage et mange ses contours,
Je bois sa chevelure et ses paupières closes.