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La senteur éternelle des alcôves sombres
Imprègne tout l’endroit d’un doux parfum de rose,
Le velours des couloirs accentue la pénombre;
On peut sentir l’envie dans la moindre des choses.
L’ambiance terrifiante apaise les clameurs,
Seule l’intimité apparaît dans les songes.
Rien n’a plus d’importance si ce n’est l’ardeur
Mise à ne pas hurler chaque pulsion qui ronge.
Rien ne bruisse et les mains tentent des excursions;
Tout n’est que crudité, érotisme pervers;
Les peaux qui calmement s’effleurent sans un son
Deviennent moites, frissonnent, brûlent leur chair.
De légers lumignons éclairent les plafonds,
Où des sibylles sont occupées à dormir;
Les invités sont amenés dans le salon
Qui les verra se mettre à genoux et frémir.
C’est dans des draps de soie que les peaux se caressent,
Les corps sont mis à nu sans être démasqués.
Les gémissements sortent, les tensions s’abaissent
Et les âmes s’animent sans identités.
Mais il est dans un coin du salon des murmures,
Une porte cachée derrière un rideau rose.
Peu de gens y pénètrent, il faut être bien sûr
D’accepter de s’enivrer jusqu’à l’overdose.
Dans cette pièce obscure, seuls des amants viennent
Cracher tous leurs désirs face aux yeux fermés
De leurs secrets conjoints d’un soir de la semaine,
Derrière les dos ronds de leurs époux aimés.