«
Si j’avais su qu’un jour j’allais t’aimer, Sibylle,
J’aurais prié le Sort pour que les années filent
Plus vite jusqu’à toi,
Car l’attente et la quête sont bien trop cruelles ;
J’ai fatigué mon cœur à travers les ruelles
Et j’ai vieilli sans toi…
Nous aurions dû nous voir plus jeunes, plus candides,
Nous aurions dû sécher nos paupières humides
Et monter sur les toits ;
Là-haut nous aurions vu les étoiles brillantes,
Ta tête aurait gardé mon épaule tremblante,
J’aurais touché tes doigts…
Je t’ai connue trop tard, nous n’avons pas grandi ;
Tous ces sentiments-là qui viennent d’une vie
Se sont précipités ;
Nos doigts se sont heurtés, ta main n’était pas prête,
Mon épaule a plié sous le poids de ta tête,
Et mes yeux ont pleuré…